Comment devenir franchisé en 8 étapes

Création d'entreprise
Comment devenir franchisé en 8 étapes

Un franchisé est un créateur d’entreprise qui exploite le concept commercial d’une société tierce (le franchiseur) lui ayant donné son accord moyennant une contrepartie financière. Ce mode de fonctionnement est de plus en plus prisé par les entrepreneurs : Aide au lancement, exploitation d’un concept ayant déjà fait ses preuves, réalisation plus rapide du chiffre d’affaires font de la franchise une recette à succès . Pourtant, devenir franchisé ne se fait pas grâce un coup de baguette magique et demande une préparation en amont rigoureuse.
Si vous êtes intéressé par la franchise mais que vous ne savez pas vraiment comment vous y prendre, cet article est fait pour vous.

Dans cet article

 1. Etablir un bilan personnel

Se lancer en tant que franchisé n’est pas une décision à prendre à la légère, aussi mieux vaut y réfléchir en amont. Pour cela, le bilan personnel est un excellent outil.
Mais de quoi est t-il question sous ce terme plutôt strict ?
Voyez cela comme une phase d’introspection, à l’issue de laquelle vous serez plus à même de prendre votre décision en toute connaissance de cause.

Concrètement, vous allez devoir axer votre réflexion autour de deux axes :

L’axe humain

L’enthousiasme de créer une entreprise peut vous faire pousser des ailes… mais également vous placer dans une situation de “vision tunnel” : vous ne pensez à rien d’autre que cela, ce qui peut vous induire en erreur. Posez vous donc plusieurs questions sur vos motivations et votre bagage de compétences… Voici quelques exemples afin de vous permettre de démarrer plus facilement :

  • “Pourquoi devenir franchisé ?”

  • “Suis-je prêt à changer mes habitudes ?”

  • “Puis-je investir seul dans cette aventure ou dois-je faire appel à quelqu’un d’autre ?”

  • Ai-je la volonté de créer en partant de zéro ? Au contraire, est ce que je privilégie l'entrepreneuriat dans un cadre existant ?

  • “Suis-je capable de me remettre en question facilement ?”

  • “Est ce que devenir créateur et chef d’entreprise est actuellement compatible avec ma vie personnelle ? (famille, amis, activités…)

  • “ Quels sont mes besoins en terme de salaire ? Où est-ce que je me vois dans 5 ans ? 10 ans ?”

Une fois que vous aurez jeté assez de questions sur la table et trouvé une réponse à chacune d’entre elles, faites la même chose pour le second volet.

L’axe métier

 

Ici, il est question de votre capacité à mener à bien votre projet compte tenu de vos compétences. Encore une fois prenez le temps qu’il faut pour vous poser les bonnes questions et trouver les réponses en vous. Une fois n’est pas coutume, voici quelques pistes :

  • Ai-je une expertise dans un domaine d’activité ?

  • AI-je une appétence particulière pour certains domaines d’activité ?

  • Quels sont mes points forts d’un point de vue professionnel ?

  • “Quelles compétences me font défaut ?”

  • “Comment-puis-je me faire aider sur les points listés à la question ci-dessus ?”

  • “Suis-je en mesure de gérer une entreprise seul ?”

  • “Est ce que je veux devenir franchisé dans un domaine d’activité que je connais déjà ? Partir de zéro ?”

  • “Recruter et manager des collaborateurs semble t-il envisageable pour moi ?”

A partir du moment ou vous avez répondu à toutes vos questions et qu’aucune des réponses n’est rédhibitoire dans le cadre de votre projet, c’est que vous êtes prêt pour le deuxième point.
A savoir que si vous éprouvez des difficultés à compléter cette première étape ( ce qui n’est pas anormal), il est tout à fait possible de vous faire aider par des organismes divers : la CCI (Chambre de commerce et de l’industrie) peut par exemple vous aider dans cette démarche, de même que d’autres professionnels du domaine. Attention toutefois aux trop nombreuses arnaques qui fleurissent de nos jours sur Internet !

2. Déterminer le secteur d’activité

Devenir franchisé, oui mais dans quel secteur ? Si a priori c’est un point qui coule de source à première vue, il mérite quand même d’être approfondi pour vous éviter des mauvaises surprises : puisque vous êtes dans une approche professionnelle, il est important que vous mettiez l’accent sur votre parcours dans le monde du travail.
Avez-vous déjà évolué dans le secteur que vous visez en tant que franchisé ? Demande t-il des compétences en particulier ?

3. Être au clair sur sa capacité de financement

Pourquoi devenir franchisé

Si créer une franchise peut procurer plusieurs avantages, ce n’est pas pour autant que le processus de création est gratuit. Se franchiser requiert déjà de payer des droits d’entrée au réseau de franchises que vous rejoignez : compris entre 5 000 et 1 000 000€, en général, ces frais servent majoritairement à rémunérer le franchiseur, qui doit notamment amortir les frais qu’il va devoir engendrer afin de vous aider à lancer votre activité. En dehors des franchises les plus côtées, il est toutefois rare que le prix dépasse les 100 000€.

Cependant, d’autres éléments peuvent faire grimper l’addition : le stock indispensable pour démarrer l’activité est un excellent exemple qu’il ne faut surtout pas sous-estimer.

Vous pensez que vous ne disposez pas de suffisamment de fonds personnels pour vous lancer ? Alors n’hésitez pas à prendre un rendez-vous avec votre banquier pour lui faire part de votre projet, lui présenter votre business plan et éventuellement solliciter un prêt professionnel qui vous permettra de vous lancer. Ce dernier vous demandera probablement un apport personnel qui peut être significatif. Vous pouvez aussi demander de l’aide auprès de votre famille et de vos amis si vous n’êtes pas en mesure de réunir cette somme.

4. Trouver le bon franchiseur

Si les points précédents sont réglés, alors vous devez vous mettre en quête du franchiseur qui sera le plus pertinent en fonction de votre projet. Limitez-vous aux acteurs évoluant dans le domaine d’activité que vous avez choisi : cela vous évitera d’avoir une liste interminable à traiter.

Vient ensuite la prise de contact avec les différents franchiseurs vous intéressant.
Un élément que vous devez récupérer chez l’intégralité de vos interlocuteurs est le DIP (Document d’information Précontractuel). A l’intérieur de ce document, vous allez retrouver moult informations très utiles à votre réflexion, comme des éléments financiers, son réseau ou l’étendue de son marché.
Ces informations étant fournies par le franchiseur, n’hésitez pas à le comparer et à les recouper avec d’autres sources pour vous assurer de la transparence de votre potentiel partenaire.  
Vous pouvez acheter des bilans issus des autres franchisés du réseau afin de vous faire une idée des opportunités et des risques à devenir franchisé pour cette entreprise.
Astuce : La liste de l’ensemble des franchisés est comprise dans le DIP.

Attention : un franchiseur vous enjoint de signer un contrat rapidement, ou vous fait miroiter des avantages qui semblent démesurés ? Restez sur vos gardes et portez une attention toute particulière à son DIP. N’hésitez pas non à partir en quête de retours d’autres franchisés, ce qui permet d’avoir des avis objectifs. Il n’est en effet pas rare que des franchiseurs en difficulté financière tentent de rallier le plus de créateurs d’entreprises à leur réseau pour maintenir leur activité à flots. Dans ce cas, fuyez !

N’ayez pas non plus peur de questionner le franchiseur : droits d’entrée, assistance prévue, politique commerciale… Plus ses réponses seront claires, plus vous pourrez avoir confiance en lui. Mais au final, accrochez-vous à ce qui vous importe au départ : la passion et la volonté de vivre une aventure qui ne se retrouve pas ailleurs !

5. Créer le business plan de votre projet de franchise

Une fois que vous avez récolté suffisamment d’informations pour jeter votre dévolu sur le franchiseur de vos rêves, il va vous falloir élaborer un business plan.
Si cet anglicisme ne vous dit pas grand chose, pas de panique.
Un “business” plan” est un document professionnel assez dense destiné au franchiseur ou à votre banquier par exemple. A l’intérieur de ce dernier, vous allez devoir faire apparaître plusieurs éléments qui permettront aux personnes qui le liront de se faire une idée de la faisabilité économique de votre projet.
Si vous n’avez jamais réalisé ce genre de document ou que son élaboration vous semble encore floue, voici les différents éléments que vous devez fournir :

  • Un executive summary (une synthèse de votre projet)

  • Un business model

  • Les caractéristiques juridiques de la franchise

  • Un compte de résultat prévisionnel

  • Un bilan comptable prévisionnel

  • Un plan de trésorerie prévisionnel sur la base de vos hypothèses d’activité

Un bon business plan sera un gage de votre de sérieux et de votre implication, à la fois pour le franchiseur et le banquier. N’oubliez pas que le business plan doit aussi VOUS aider et qu’il n’est pas figé dans le temps. Au fur et à mesure du temps qui passe des évolutions de l’entreprise, un certain nombre de paramètres va être amené à changer. Soyez donc réactif et mettez le à jour quand c’est nécessaire pour conserver une bonne visibilité sur votre projet au fur et à mesure des années.

Si vous ne vous sentez pas à l’aise pour réaliser ce document pourtant indispensable, n’hésitez pas à vous appuyer sur une professionnel expert pour mettre toutes les chances de votre côté.

6. Choisir l’emplacement d’implantation

Si le franchiseur que vous visiez a été convaincu par la pertinence de votre business model, alors il vous faut trouver à quel endroit est-ce que vous allez faire émerger votre création.

Afin de vous permettre de compléter cette étape le plus sereinement possible, voici quelques astuces qui vous permettront de ne pas vous retrouver dans une situation fâcheuse.

Vous replonger dans le DIP

Puisque ce document vous donne accès aux localisations des autres franchises, n’hésitez pas à vous reporter à ces données pour faire votre choix. Par la suite, vous pouvez toujours vous rendre physiquement sur les lieux pour vous faire une idée du quartier (ambiance, autres magasins et éventuels concurrents…)

Rester proche d’un centre logistique ou de la maison-mère

Globalement, si votre franchiseur vous propose d’aller implanter votre enseigne dans une zone qu’il n’a jamais essayé auparavant (d’autant plus s’il ne vous présente pas d’étude de marché préalable), ne dites pas “oui” trop vite. En tant que franchisé, vous n’êtes pas là pour subir des expérimentations géographiques. Préférez à cela des zones similaires à celles ou d’autres franchisés ont réussi à développer leur activité avec brio. De même, avoir un centre d’approvisionnement à distance raisonnable de vos locaux est un gros plus qui vous offre une certaine flexibilité, notamment en ce qui concerne la gestion des stocks.

N’oubliez pas de demander de l’aide au franchiseur !

Si ce point peut paraître évident, n’oubliez pas que le rôle du franchiseur est entre autres de vous aider à choisir le bon emplacement : du fait de son expérience sur son concept commercial, il saura certainement vous donner des conseils avisés sur le lieu optimal à choisir.

7. Penser au statut juridique

Se franchiser

N’importe quel créateur d’entreprise se doit de réfléchir au statut qu’il veut donner à son entreprise naissante. Ce choix dépend de nombreux critères : comptez-vous développer votre franchise seul ou en association ? Votre franchise requiert-elle un investissement significatif ? Quel est votre objectif de chiffre d’affaires annuel ? Comment souhaitez-vous protéger votre patrimoine personnel ?


Généralement, ce sont deux grandes possibilités qui s’offrent au futur dirigeant : Soit il crée une entreprise individuelle, soit il choisit de se baser sur un modèle sociétaire. C’est sur cette dernière option que nous allons nous pencher, puisque c’est elle qui est privilégiée par les franchiseurs.

Sur ce modèle de société, deux statuts distincts sortent du lot :

  • La SARL (et va variante unipersonnelle EURL).  La société à responsabilités limitées est un des statuts le plus adapté pour une création d’entreprise en général. Parmi les avantages de ce statut, citons notamment le fait que votre responsabilité est limitée aux fonds propres que vous apportez dans la société, ou encore le fait que ce statut soit encadré formellement.

  • La SAS présente de son côté l’avantage d’être basée sur des statuts totalement adaptables, et facilite la détention de plusieurs points de vente.

Beaucoup d’autres options existent,  mais celles listées ci-dessus sont les plus courantes.
N’hésitez pas à vous entretenir avec votre futur franchiseur afin qu’il puisse vous aiguiller : son expérience certainement conséquente vous sera très utile puisque en fonction des caractéristiques de votre projet (seul ou à plusieurs, emplacement, une ou plusieurs enseignes…), il sera à même de voir quel statut sera le plus adapté pour vous guider vers le succès !
A défaut (ou de manière complémentaire), vous pouvez également consulter votre expert-comptable qui aura également des conseils à vous donner sur ce sujet.

 8. Signer le contrat de franchise

Devenir franchisé

Ca y est, vous y êtes presque ! Une fois le contrat signé, vous serez prêt à vous lancer. Souvent, cette ultime étape est expédiée comme une simple formalité, à tort.
Avant de donner votre accord et d’enfin pouvoir commencer à bâtir votre franchise, plusieurs éléments sont à prendre en considération.
Le premier est de bien vérifier que la marque de votre futur franchiseur est correctement déposée : en effet, ce dernier peut avoir oublié de protéger son logo par exemple. Ainsi, il est fortement recommandé de vérifier ces données auprès de l’INPI avant de devenir franchisé pour de bon.

Autre point souvent laissé pour compte mais pourtant indispensable, le respect des clauses.
Dans un contrat de franchise, un certain nombre de ces clauses doivent apparaître :

  • La clause de non-concurrence

  • La clause d’assistance au franchisé

  • La clause de transmission du savoir-faire

  • La clause d’approvisionnement exclusif (si le franchiseur le souhaite)

  • La clause de confidentialité

  • La clause sur la marque du  franchiseur

  • La clause d’exclusivité territoriale (si le franchisé est supposé en bénéficier)

  • Les différentes clauses de garanties offrant une sécurité au franchiseur

Le contrat de franchise liant les deux parties est valable pour une durée entre 5 et 15 ans. Ainsi, avant de signer le document, assurez-vous que vous êtes sur la même longueur d’ondes avec le franchiseur à ce niveau là.
Une fois que tout est en ordre, il est temps pour vous d'entériner l’accord avec votre franchiseur et de commencer votre aventure !

En conclusion

Comme vous avez pu le constater, devenir franchisé demande une certaine rigueur et de bien respecter les étapes-clé. Mais heureusement, vous serez accompagné par le franchiseur pour débuter votre périple. Ensuite, à vous de bâtir la bonne stratégie pour atteindre le succès !

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