Comment obtenir un prêt professionnel rapidement ? Les trois étapes clés

Gestion - Finances
Comment obtenir un prêt professionnel rapidement  ? Les trois étapes clés

Le prêt professionnel est un financement sollicité par une entreprise auprès d’une banque ou d’un organisme de crédit, qui intervient généralement au cours de trois situations. Quel est le prêt professionnel le plus adapté à la situation de votre entreprise, comment l’obtenir facilement et surtout rapidement ? On vous dit tout dans cet article !

Dans quelle situation avoir recours à un prêt professionnel ?

Destiné aux professions libérales, aux artisans, aux commerçants, aux agriculteurs, aux associations, TPE-PME-PMI et auto-entrepreneurs, le prêt professionnel est destiné à financer des investissements professionnels. Mais avant de se lancer dans les explications plus détaillées, il convient d’évoquer les différentes circonstances qui peuvent amener un entrepreneur à faire appel à un financement professionnel. On peut en distinguer trois principales.

La création d’une entreprise

Rares sont les entrepreneurs qui disposent de suffisamment de fonds personnels pour démarrer leur structure. La grande majorité d’entre eux ont donc recours à un prêt bancaire afin de compléter leur capital de départ et démarrer sur de bonnes bases. Souvent considéré comme une épreuve en soi, obtenir un emprunt de la part de la banque est un travail de longue haleine, mais nous allons y revenir plus tard. Retenons simplement que cette étape est avant tout une affaire de persuasion et de rigueur qui nécessite de mettre toutes les chances de son côté pour aboutir.

Le soutien du développement de son entreprise

Il est également courant de faire appel à un prêt professionnel afin de stimuler la croissance de sa structure. De même que lors de sa création, il n’est pas toujours possible d’investir et de doter son entreprise de nouveaux moyens matériels ou financiers à partir de ses réserves de trésorerie. Les investissements suivants sont donc la plupart du temps soutenus par un financement bancaire :

  • Acquisition de biens corporels : locaux, équipements, véhicules … Ce sont là des investissements, parfois conséquents, qui sont difficiles à assumer uniquement grâce à ses fonds propres. Un prêt professionnel peut donc s’avérer idéal afin d’éviter un décaissement trop important, qui nuirait à la santé financière de l’entreprise.
  • Financement de trésorerie : des solutions comme l’affacturage représentent un prêt de trésorerie à court terme, idéal pour renforcer une situation de liquidités jugée trop précaire par le dirigeant. Une expansion trop rapide de son activité cause parfois des difficultés de trésorerie ou un découvert bancaire : un prêt professionnel peut donc permettre de corriger rapidement une telle situation et de remettre ses finances dans le vert.

Le reprise en main de son entreprise

Lorsque les difficultés d’une entreprise se révèlent trop importantes pour être surmontées en interne, il peut s’avérer vital d’avoir recours à un financement bancaire important pour la remettre à flot. Emprunter une somme d’argent à la banque permet de renforcer le fonds de roulement de l’entreprise et de s’acquitter des dettes auprès de ses fournisseurs, de garnir son stock pour faire face à la demande et d’embaucher du personnel.

Quel financement professionnel pour votre entreprise ?

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Le crédit professionnel fonctionne globalement de la même manière qu’un crédit standard accordé à un particulier. Une banque ou un organisme de crédit spécialisé remet une somme d’argent à une entreprise. En retour, l’entreprise s’engage à rembourser la banque sur une durée déterminée à l’avance, au moyen de versements mensuels ou annuels accompagnés d’intérêts dont le taux a été déterminé au préalable. Ils seront pris en compte dans la comptabilité de l’entreprise sous la forme de charges financières.

Le prêt professionnel est la méthode de prédilection pour tout entrepreneur souhaitant constituer un capital de départ pour créer sa structure. Attention cependant : dans le cadre d’une création d’entreprise, un apport personnel d’en moyenne 30% est nécessaire pour que le prêt soit accordé, même si cette proportion peut  varier selon les banques.

Si l’entreprise est amenée à investir pour financer son développement, le prêt professionnel est également une voie privilégiée, même s’il faut bien garder à l’esprit les coûts supplémentaires que cela implique.  En effet, le remboursement du prêt et de ses intérêts représentent des charges financières additionnelles qui vont peser sur la trésorerie de l’entreprise à long terme. L’investissement doit donc en valoir la chandelle !

Élément important à retenir : l’obtention d’un prêt professionnel de la part d’une banque s’accompagne très souvent d’une souscription à un contrat d’assurance de prêt professionnel. Cette assurance est mise en place pour couvrir la banque en cas d’imprévus qui pourraient empêcher l’entreprise de rembourser son emprunt : faillite, dépôt de bilan, décès ou invalidité … Pour beaucoup de banques, cette assurance est obligatoire afin de se voir accorder un prêt.

Leasing ou crédit-bail

Très répandu parmis les entreprises françaises, le leasing (ou crédit-bail) est une forme particulière de contrat de location. En effet, le leasing consiste à obtenir de la banque qu’elle fasse l’acquisition d’un bien qu’elle loue ensuite à l’entreprise pour une période donnée. Une fois l’échéance atteinte, l’entreprise a alors le choix de prolonger le contrat de location, d’y mettre fin ou d’acheter le bien en bonne et due forme.

De même que le crédit professionnel, le crédit-bail est utilisable aussi bien à la naissance d’une entreprise que durant son développement. Inclure du matériel en leasing dans son plan de financement prévisionnel se révèle judicieux, dans la mesure où cela permet de limiter l’investissement de départ et d’allouer les ressources financières économisées à d’autres aspects plus importants.

Toujours dans l’optique de limiter les dépenses superflues, le recours au leasing pour acquérir du matériel ou de l’équipement est une solution de choix. Plutôt que d’amortir un bien sur une durée parfois très longue, ce type de financement va étaler les frais sur une période plus courte et laisser une marge de manoeuvre plus confortable au gérant.

Affacturage ou factoring

L’affacturage est une technique de financement à court terme qui consiste à remettre des créances clients (c’est-à-dire des factures qui n’ont pas encore été payées) à un organisme financier appelé le factor. Celui-ci règle le montant de ces factures à l’entreprise contre le paiement de différents frais et commissions. Cette variété de prêt professionnel est très utile, notamment si l'entreprise rencontre des difficultés mettant  à mal sa trésorerie.

En effet, le factoring permet de financer le Besoin en Fonds de Roulement, et donc de compenser le décalage entre les encaissements (les ventes) et les décaissements (les dépenses) d’une entreprise, mais aussi de gommer l’impact que les éventuels impayés clients peuvent avoir sur la trésorerie de l’entreprise. La grande majorité des sociétés d’affacturage proposent également un service de recouvrement de créances, qui permet de laisser à la charge du factor la tâche de récupérer les sommes impayées auprès de la clientèle.

Quelles sont les étapes à suivre pour obtenir un prêt professionnel ?

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Les étapes à franchir dans l’obtention d’un prêt professionnel vont se ressembler, indépendamment du type de prêt demandé et du contexte associé. Qu’il s’agisse d’une création d’entreprise, d’un investissement majeur ou d’un simple financement de trésorerie, voici quelques astuces pour décrocher votre prêt dans les meilleurs conditions possibles.

1. Le dossier

Toute demande de financement faite auprès d’un organisme financier, qu’il s’agisse d’une banque ou d’un courtier, passe par la constitution d’un dossier de prêt. On trouvera dans ce dossier l’ensemble des éléments dont l’établissement a besoin pour s’assurer que les sommes engagées seront remboursées avec certitude en temps et en heure. Tout doit donc être fait pour rassurer son interlocuteur quant à la capacité de l’entreprise à honorer ses dettes.

Dans le cas d’une création d’entreprise, ce dossier est appelé le business plan, et doit contenir l’intégralité des informations à connaître au sujet de l’entreprise en devenir. Forme juridique, étude de marché, business model, documents financiers prévisionnels et bien plus encore … La constitution d’un business plan est un travail de longue haleine, indispensable pour obtenir les sommes nécessaires au lancement de son activité. Attention néanmoins : si cet aspect est capital, obtenir un prêt n’est pas l’unique but du business plan. Il est aussi là pour rendre le projet attrayant aux yeux de quiconque le consulte, et se doit de refléter les ambitions et les perspectives d’évolution du projet à développer.

Si le prêt professionnel est demandé dans le but de financer un bien corporel, comme du nouveau matériel ou un besoin incorporel tel que l’achat d’un brevet, la présentation d’un dossier est également indispensable. On y trouve notamment la facture proforma ou le devis qui correspond à l’investissement envisagé, les derniers bilans comptables et comptes de résultat en date, l’extrait kbis de l’entreprise ainsi qu’un plan de financement détaillé. Ce dernier document regroupe et synthétise l’ensemble des besoins et des sources de financement, et permet de cartographier l’utilisation des différentes ressources de l’entreprise.

2. L’entretien avec le banquier

Vient ensuite la date fatidique : armé des documents décrits plus tôt, le gérant va devoir convaincre son interlocuteur de lui accorder le financement désiré, et ce avec les conditions les plus avantageuses et dans les délais les plus courts ! Comme tout rendez-vous professionnel d’importance, c’est une occasion qu’il faut préparer avec le plus grand soin.

Peaufiner sa présentation et son apparence est essentiel : afin de mettre toutes les chances de son côté, il est essentiel de soigner à la fois son apparence physique mais aussi son langage corporel ainsi que le ton employé au cours de l’entretien. Se munir d’éléments visuels est également un vrai plus pour convaincre son interlocuteur. Une présentation type PowerPoint regroupant les éléments-clés du dossier à défendre est un moyen simple de marquer les esprits et de se différencier.

Gardez en tête que le banquier ou le courtier que vous allez avoir en face de vous rencontrent des personnes dans votre situation de manière quotidienne. Sachez donc sortir du lot et être optimiste afin de convaincre votre interlocuteur que non seulement la dette contractée sera dûment remboursée, mais aussi qu’il serait déraisonnable de ne pas vous accorder le financement ! Vous devez montrer patte blanche et prouver que le risque à prendre par l’organisme financier est minime.

3. Obtenir le prêt rapidement

Une fois toutes ces considérations techniques passées en revue, abordons maintenant quelques astuces pour obtenir un prêt professionnel dans les meilleurs délais :

  • N’attendez pas le dernier moment : c’est l’un des points clés durant la négociation d’un prêt. Le fait d’attendre d’être au pied du mur (découvert, décalage de trésorerie …) est fortement préjudiciable pour un dirigeant. Il est toujours difficile d’obtenir des conditions avantageuses lorsque le banquier comprend que son client est dans une impasse.
  • Soyez réaliste : affichez une transparence totale au sujet des difficultés potentielles rencontrées par votre entreprise. Faites preuve de tact et montrez que ces ennuis sont passagers et seront aisément surmontés : vous êtes là pour rassurer l’organisme financier auquel vous vous adressez, ne l’oubliez pas.
  • Soignez votre dossier : lors de la constitution de votre dossier de prêt, assurez-vous d’y joindre l’ensemble des pièces demandées. Cela peut paraître anecdotique, mais le moindre manquement à cet aspect va fortement retarder les formalités concernant le prêt. Pire encore, votre image en tant que professionnel va en pâtir, ce qui  amène le banquier ou le courtier à réfléchir à deux fois avant de vous octroyer un financement.
  • Faites jouer la concurrence : comme pour le reste, un produit financier tel qu’un prêt professionnel se négocie. Mentionner votre désir de changer de banque ou de vous tourner vers une autre entreprise proposant des services similaires peut parfois suffire à accélérer les choses. Dans le cas où vous vous adressez à votre banquier, il peut aussi être judicieux de s’appuyer sur votre passé commun et jouer la carte de la fidélité pour décrocher des conditions optimales.

Quelles sont les alternatives au prêt professionnel ?

Si l’obtention d’un prêt professionnel représente une solution performante et adaptée pour parvenir à vos fins (création d’entreprise, investissement conséquent), il existe cependant des alternatives auxquelles vous avez accès qui peuvent correspondre aux besoins de votre entreprise.

L’autorisation de découvert

De la même manière qu’un crédit professionnel, l’autorisation de découvert est une solution à négocier avant que les difficultés n’apparaissent. Obtenir un tel produit financier auprès de votre banque peut se révéler salvateur si vous êtes amené à faire face à des retards de paiement récurrents ou des décalages de trésorerie importants. Une autorisation de découvert bien anticipée vous évite des charges financières supplémentaires (les fameux agios) dont vous n’avez sûrement pas besoin au cours d’une période difficile.

L’apport en compte courant d’associé

Si la recherche de prêt professionnel est motivée par une quantité insuffisante de liquidités dans la trésorerie de l’entreprise, et que l’entreprise en question compte plusieurs associés, faire appel à leur participation pour redresser la situation est également envisageable. Le principe est le suivant : un ou plusieurs associés s’engagent à avancer une certaine somme à l’entreprise, qui est alors placée sur un compte ouvert parmis ceux de la société. Les conditions de ce prêt sont consignées dans une convention de compte courant, notamment concernant le remboursement des sommes avancées. Une injection de liquidités de ce genre dans les comptes d’une entreprise peut faire la différence entre un résultat comptable positif et négatif !

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